jeudi 11 mai 2017

Les mangas


LES MANGAS

Le mot japonais « manga »est souvent traduit littéralement par « image dérisoire » ou « dessin non abouti ».
Le mot « manga » est pleinement intégré dans la langue française, comme l'atteste son intégration dans les dictionnaires usuels.
Les mangas se lisent souvent dans le sens inverse des bandes dessinées occidentales : de droite à gauche, ce qui correspond au sens de lecture japonais. Introduits en France en 1978 avec la revue « Le cri qui tue » les mangas ne sont publiés dans ce sens que depuis 1995 environ. Toutefois, les éditeurs français ne se plient pas systématiquement à cette spécificité.

Le manga, bien que très ancré dans la culture japonaise moderne, trouve ses prémices dans la peinture narrative.
Katsushika Hokusai (1760-1849), le fondateur de l'estampe de paysage, qui donna son nom au manga  ainsi qu’à ses célèbres caricatures, les Hokusai Manga qu'il publia de 1814 à 1834.
La bande dessinée japonaise est très peu présente dans le monde francophone avant 1978.À partir de mars 1990, Glénat décide de traduire et publier Akira, de Katsuhiro Otomo, en fascicules, d'après l'édition colorisée en Amérique. Bien que la série n'ait pas d'animé pour la porter, le renouvellement massif des codes du manga qu'introduit cette œuvre permet au succès d'être cette fois au rendez-vous, et l'édition cartonnée en couleur voit le jour dès la fin de l'année.

Alors que de plus en plus de voix s'élèvent pour protester contre les animes, toujours plus présents dans les programmes jeunesse, Glénat, une fois Akira achevé, publie d'autres mangas originaux d'animes à succès : Dragon Ball d'Akira Toriyama à partir de février 1993, Ranma ½ de Rumiko Takahashi en février 1994.



Principaux éditeurs :

Glénat 23,6 %
Pika 19,4 %
Kana 16,5 %

Les mangas comptent souvent un nombre important de pages (planches). Par ailleurs, le manga est le plus souvent une série en plusieurs volumes.
Le dessin, en général, est moins « statique » que dans les bandes dessinées occidentales. Le manga utilise un découpage temporel proche de celui du cinéma, adoptant souvent ses cadrages et utilisant une décomposition similaire du temps et de l'action. On retrouve souvent une mise en scène comme la plongée ou la contre-plongée.

De nombreux codes graphiques sont utilisés pour symboliser l'état émotionnel ou physique d'un protagoniste. Les personnages ont souvent de grands yeux, ce qui permet de renforcer l'expressivité du visage. L'étonnement est souvent traduit par la chute du personnage ; l'évanouissement, par une croix remplaçant les yeux. Pour traduire l’excitation sexuelle chez un personnage masculin, un saignement de nez plus ou moins important est provoqué. Dans le manga City Hunter (connu à la télévision française sous le nom Nicky Larson), la colère de Kaori (Laura) est souvent traduite par l'apparition inopinée d'une énorme massue qu'elle assène sur la tête de son partenaire (ce gag est si répandu dans les mangas qu'un univers parallèle où seraient stockés les marteaux a été inventé.


Il y a également une utilisation fréquente d'onomatopées relatives aux mouvements, actions ou pensées des personnages. Notons au passage que le japonais est beaucoup plus riche que le français en onomatopées et que leur champ d'application est plus large.
Une particularité à noter est que la plupart des personnages ont souvent des traits occidentaux, au-delà du simple tracé des grands yeux des personnages. Un samouraï roux, un exorciste aux yeux bleus ou une écolière blonde n'ont rien d'étonnant pour le lecteur japonais, même s'ils sont censés être japonais ou de culture japonaise.

Les décors des scènes sont parfois moins fouillés que pour une bande dessinée occidentale. Cela peut aller jusqu'à faire évoluer les personnages dans un décor blanc. Ce parti pris a pour conséquence de focaliser l'attention du lecteur sur l'histoire en général et sur les dialogues en particulier. On note ainsi une certaine résurgence de l'aspect théâtral. Enfin, les personnages ont souvent des attitudes expressives à outrance : la colère, la jalousie ou la gêne se montrent facilement, alors que cette attitude est plutôt mal vue dans la culture japonaise, où le calme et la retenue sont de rigueur dans les rapports sociaux. Le passage de l'absurde et du comique au sérieux ou au drame, sans aucune transition, fait également partie de la narration, sans jamais susciter d'interrogation de la part du lecteur qui accepte par avance cette convention de lecture.

Une autre particularité est le jeu de l'auteur avec le lecteur. De manière générale, on peut noter une plus grande liberté quant à l'interaction entre les dessins et leur support (jeu avec les cadres, personnages sortant des cadres, etc.)
Kodomo (子供?) pour un public jeune (moins de 10 ans), quel que soit son sexe.
Shōnen (少年?) pour un public masculin jeune, de 8 à 18 ans.
Shōjo (少女?) pour un public féminin jeune, de 8 à 18 ans.
Seinen (青年?) pour un public masculin adulte, 16 ans et plus.
Josei (女性?) pour un public féminin adulte, 16 ans et plus.
Seijin (成人?) pour un public adulte, 18 ans et plus.
Gekiga (劇画?) : manga dramatique des années 1960-7063,61.
Hentai (変態?) : manga pornographique. Le terme Ecchi (エッチ?) est parfois utilisé pour les mangas érotiques.


Mahō shōjo (魔法少女, Magical girl?) : sous-genre de la fantasy, centré sur des jeunes filles pratiquant la magie
Mecha メカ (Meka?) : sous-genre de la science-fiction, centré sur le combat de robots géants.
Nekketsu (热血?) : terme souvent confondu avec shounen, ce genre a été l'effigie scénaristique des mangas en Occident jusqu'au début des années 2010.
Yaoi (やおい?) : manga centré sur les relations sentimentales et/ou sexuelles entre hommes.
Yuri (百合?) : manga centré sur les relations sentimentales et/ou sexuelles entre femmes.

Les mangas peuvent aussi être classifiés en fonction de leur format de publication.

Le «  One-shot »est une histoire qui tient en un seul volume voire un seul chapitre.                             Le Yonkoma (四コマ) est un manga en quatre cases, similaire au comic strip. Quant au Webcomic, c'est un manga publié directement sur internet.
Souvent, les séries à succès sont adaptées en anime, sous forme de séries télévisées mais aussi de jeux vidéo. Mais parfois, ce sont les animes qui sont utilisés pour créer des bandes dessinées, soit simplement inspirées de la version animée (comme c'est le cas pour Neon Genesis Evangelion).

De nombreux mangas ont aussi été adaptés en drama (série télévisée), dont certains sont très populaires comme Hana yori dango.
Associés aux mangas, on trouve les art-books, recueils d'illustrations en couleur et d'images originales, incluant parfois des histoires courtes. De même, du fait de la popularité grandissante des mangas, les produits dérivés sont de plus en plus nombreux : figurines, cahiers, calendriers, porte-clés, peluches, habits, costumes, accessoires, etc.

En France, de nombreux festivals appelés conventions ont fait leur apparition ces dernières années. Ces conventions sont des points de rassemblement pour les fans de mangas ou de culture japonaise moderne en général, proposant des projections, des jeux, des spectacles de cosplay et souvent complétées par un espace où se côtoient professionnels (magasins de livres et autres produits) et amateurs (clubs et associations exposant leurs propres œuvres).

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